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Interpellation de Madame Jacqueline Rousseaux, députée MR, à Messieurs Benoît Cerexhe et Guy Vanhengel, Ministres de la Santé, Membres du Collège réuni de la Commission communautaire commune de la Région de Bruxelles-Capitale PDF Imprimer Envoyer

13 mars 2008.

Depuis la scission de la province du Brabant et le transfert, dès le 1er janvier 1995, de l’Institut Pasteur de Bruxelles (IPB) sous l’autorité fédérale, les membres du personnel de cet Institut n’ont que rarement été remplacés au moment de leur mise à la retraite. Ainsi, des pans entiers de services importants ont progressivement disparu, sans que ces activités soient reprises par l’Institut scientifique de santé publique, qui a « absorbé l’IPB », contrairement à l’avis de plusieurs commissions, constituées de personnalités scientifiques éminentes, prônant le maintien d’un Institut Pasteur autonome.

Aussi, un Comité de soutien à l’Institut Pasteur s’est formé et tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. 

Ce comité est composé de sommités intellectuelles et scientifiques telles que les professeurs honoraires Christian de Duve, de l’Institut du même nom, Lise Thiry et Jean Content, ULB et respectivement Chef de Département honoraire et Directeur honoraire de l’Institut Pasteur de Bruxelles, ainsi que des professeurs des universités de Gand, Liège, Mons-Hainaut, Namur, de la K.U.L. mais aussi le Chef de l’Unité « Génétique mycobactérienne » de l’Institut Pasteur de Paris ainsi que le Directeur de l’Institut de Biologie de Lille.

Ce comité a écrit à tous les gouvernements du pays, dont celui de la Région de Bruxelles-Capitale pour les alerter de la situation, des menaces qui pèsent fortement sur la survie de cet Institut et des services et missions qui étaient les siens.

Selon les défenseurs de l’Institut Pasteur, depuis la fusion avec l’Institut scientifique de santé publique (ISP), les services déjà disparus sont :

-l’important service de diagnostic virologique,
-le service de recherche sur le sida
-le service de biologie cellulaire
-le laboratoire de virologie moléculaire enfin, qui vient d’être fermé en janvier 2008.

En outre, les laboratoires menacés de fermeture à très court et à court terme sont :

-le laboratoire de lysotypie
-le laboratoire de toxoplasmose-vaccinologie
-le service de génétique mycobactérienne
-le laboratoire des antibiotiques
-le laboratoire de référence pour le botulisme.

Toutes activités qui ont fait la réputation de l’Institut Pasteur de Bruxelles au plan international, représentent un savoir-faire accumulé depuis plusieurs générationset ont permis la lutte contre des virus, des maladies, des épidémies.

Outre ses découvertes essentielles entre autres sur la coqueluche ou sur le traitement de la sclérose en plaque ou encore ses recherches sur le sida,  l’Institut Pasteur de Bruxelles est actuellement connu dans le monde principalement pour ses travaux sur les mycobactéries, et principalement le bacille tuberculeux, - la tuberculose réapparaît -, sur la résistance des bactéries aux antibiotiques, le botulisme, la toxoplasmose, particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes, la rage, et ses recherches sur les immunités innées et le cancer.

Les travaux de l’IPB ont permis des découvertes scientifiques remarquables à portée internationale, ont permis aux autorités gouvernementales de prendre des décisions appropriées en matière de politique de santé et rendu à la population bruxelloise et belge des services éminents et incontestables. Les activités de l’Institut Pasteur de Bruxelles comptaient parmi les plus performantes de recherche médicale et paraissent aujourd’hui sérieusement menacées ou auraient déjà été arrêtées.

S’ensuivent évidemment l’interruption de contrats de recherche, la réduction ou la suppression de doctorants, la probable suppression de la participation de l’IPB au Réseau International des Instituts Pasteur, la suppression de subsides et la perte de prestige, ainsi que la disparition du Musée Jules Bordet  à l’heure où plusieurs pays créent de nouveaux Instituts Pasteur, pour s’intégrer dans des réseaux internationaux et se préparer à l’émergence de nouveaux agents infectieux.

On déplore que ,suite à la publication de l’A.R. du 20 décembre 2007, abolissant les missions de l’Institut Pasteur et le rayant définitivement de la scène scientifique belge, le Musée Jules Bordet a fermé ses portes le 6 février 2008, la famille de Jules Bordet -fondateur de l’IPB en 1900 - ayant préféré le transfert de ce patrimoine à l’Institut Pasteur de Paris, plutôt que d’en confier la gestion à l’ISP, dont les dirigeants administratifs et politiques ont été à la base de la disparition de l’Institut Pasteur .

La demande de préserver l’Institut Pasteur comme une entité autonome et identifiable, même au sein de l’Institut Scientifique de Santé Publique fédéral (ISP), n’a jusqu’à présent pas été entendue. Le nom même de Louis Pasteur a été supprimé au sein de cet Institut fédéral et la disparition des activités scientifiques précitées fait craindre la disparition de ce fleuron original de la recherche biomédicale, unissant la recherche scientifique biomédicale au-delà  des frontières, en collaboration avec toutes les autres institutions scientifiques, universités, hôpitaux belges et étrangers, y compris les 30 instituts rattachés au Réseau International des Instituts Pasteur.

Le Comité de soutien de l’Institut Pasteur demande une solution créative et durable impliquant notamment les régions et les communautés, qui permettrait le maintien d’un Institut Pasteur autonome et reconnaissable en tant que tel dans notre pays et le développement de ses activités scientifiques.

Nous pensons avec lui que cette demande doit être rencontrée d’urgence.

Voulez-vous me dire quelle réponse avez-vous apportée à cette demande ? Cette question a-t’elle été évoquée lors d’un comité de concertation avec les ministres concernés des autres niveaux de pouvoir ? Ou est-elle inscrite à l’ordre du jour d’une future réunion ? Quelles actions ont été entreprises pour garder sur le territoire de notre région cet Institut de haute renommée scientifique en lui donnant, à l’instar de tous les autres Instituts Pasteur dans le monde entier, une autonomie et les moyens nécessaires, afin de permettre aux chercheurs qui y travaillent de poursuivre leurs missions, voire d’en recruter de nouveaux, ainsi que la poursuite des activités scientifiques aujourd’hui menacées ?

 

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