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Le bicommunautaire en Région bruxelloise PDF Imprimer Envoyer

« Cessez de tourner le dos aux malades d’Alzheimer, aux autistes et aux grands handicapés » !

Intervention de Jacqueline Rousseaux, députée MR, en COCOM suite à la Déclaration du Collège réuni de la Commission Communautaire Commune 2011-2012 ce jeudi 21/10/2011 concernant les

allocations familiales des indépendants – cancer du sein – handicap – autisme – alzheimer

 

Monsieur le Ministre-Président,

Après l’exposé de Madame Teitelbaum je me limiterai à quelques sujets.

Les allocations familiales

Dès lors que cette compétence est déférée aux régions, il faudra dans la nôtre, poursuivre jusqu’à son aboutissement, le travail du gouvernement fédéral, à savoir celui de supprimer les dernières injustices qui existent dans ce domaine concernant les allocations familiales attribuées aux enfants d’indépendants.
On parle souvent de discriminations dans cette assemblée mais j’espère qu’elle aura à cœur de supprimer celles-ci.

L’allocation familiale mensuelle de base pour le 1er enfant d’indépendant est encore inférieure de 5,50€ à celle d’un salarié ou d’un chômeur.

De plus, la progression du tarif des allocations en fonction de l’âge des enfants n’est pas identique pour les enfants d’indépendants, la différence est de 15 à 32€ par mois, comme s’ils « valaient » moins ou « coûtaient » moins que les autres.

En effet, alors que chez les salariés les suppléments en fonction de l’âge profitent à tous les enfants, chez l’indépendant il n’y a aucun supplément d’âge pour l’enfant unique ou pour le dernier enfant du groupe. Tout cela doit être corrigé.

Nouvelles compétences, nouvelles responsabilités !

Par ailleurs, on observe que pour les allocations familiales les clés de répartition viseront la population de 0 à 18 ans. Que signifie cela ? Quid des grands enfants encore à charge des parents au-delà de 18 ans ?

Le dépistage du cancer du sein

Je vous ai bien écouté, Monsieur le Ministre-Président et je vous ai entendu.

Vous avez cité des chiffres montrant les progrès du programme de dépistage, notamment chez les femmes plus âgées et celles issues des milieux défavorisés. Très bien.

Par contre vous avez aussi évoqué une étude estimant que les mammographies sont trop souvent suivies d’examens d’imagerie médicale « pas toujours opportun » entraînant des coûts tant pour la femme que pour l’INAMI.

Je vous dis « attention !». L’on sait que l’INAMI souhaite ne plus rembourser une série d’examens. Etaient visés les examens pour les femmes de 40 à 49 ans « sans facteur de risques ». Or, 40% des cancers du sein frappent des femmes de cette tranche d’âge !

D’autre part, plusieurs centaines de médecins, oncologues, radiologues, chirurgiens se sont unis sous l’appellation Groupe Be.Seno pour tirer la sonnette d’alarme devant le souhait de limiter les remboursements et notamment, sauf exception, de ne plus couvrir le remboursement de l’examen complet, c’est-à-dire : mammographie, palpation et écographie.

Ces professionnels du cancer du sein rappellent que chez les femmes aux seins dits « denses »,  ce qui est généralement le cas des plus jeunes, le mammotest est souvent insuffisant pour déceler les cancers naissants.  

Il va de soi que supprimer ou fortement limiter les remboursements coûtera beaucoup plus cher à la société lorsqu’il faudra soigner des cancers pris trop tard, mettra trop de femmes en danger et induira une inégalité supplémentaire entre les femmes, privant celles issues des milieux les moins favorisés des possibilités de dépistage satisfaisant.

Cela ne serait pas admissible !

 

 

 

Le vieillissement de la population dans notre région pose problème. Il faudra parer au manque de logements adaptés et de nombreuses maisons d’accueil et structures adéquates qu’il faudra aussi prévoir en suffisance à l’avenir pour accueillir nos aînés, dont le nombre de centenaires ne cesse d’augmenter.

Hébergement et accueil des personnes handicapées

D’autre part,  quelle politique préconisez-vous pour les handicapés, les personnes toujours en attente de structures adaptées à leurs besoins et à leur aspiration à vivre dans des lieux étudiés, avec l’encadrement dont ils peuvent avoir besoin ?

Les nombreux « sitting »  du GAMP n’ont-ils aucune influence sur votre gouvernement ? Trouvez-vous leurs demandes déplacées ? Inadéquates ?

Alzheimer, maladies neurodégénératives, autistes

Vous disposerez donc de plus de moyens. C’est le moment d’enfin faire preuve de volonté de s’attaquer au nombre malheureusement si important - et appelé à augmenter considérablement – de personnes atteintes de maladies mentales, je vise Alzheimer ou les maladies neurodégénératives similaires.

Pour la première fois,  alors que je plaide ici depuis 7 ans pour une politique volontariste en faveur de ce type de malades en particulier, j’ai cru sentir un intérêt pour cette question dans votre exposé, lorsque vous avez dit que les projets devraient être plus orientés vers les maladies chroniques ou dites de long terme. Malheureusement, je reste totalement sur ma faim et plus encore quand je vois que la détermination de votre gouvernement vise essentiellement à s’occuper de la toxicomanie et votre décision d’organiser la poursuite du recueil de données et d’organiser la création d’un secteur « aide aux toxicomanes » au sein de la plate-forme. Très bien. Il faut s’occuper des toxicomanes.

Mais pourquoi ne pas faire de même pour les Alzheimer et malades proches ?

Pourquoi ne pas décider de recueillir des données statistiques pour ce type de malades ?

Pourquoi ne pas favoriser les constructions de maisons d’accueil, centres de jour ou d’accueil à plus long terme pour ce type de malades ? Quel est l’obstacle ?

Je vous demande une réponse Monsieur le Ministre-Président. La question est urgente, criante.

Pourquoi ne créez-vous  pas un secteur « aide aux Alzheimer  et aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives » ?

Ce sont des milliers de personnes qui sont atteintes dans notre Région, des milliers d’aidants et de familles ont besoin de soutien.

En outre, les personnes atteintes d’Alzheimer ne sont pas toutes âgées. La maladie frappe aussi des moins de 50 ans.

Je rappelle aussi qu’il n’y a pas de structures d’accueil adaptées en Région bruxelloise pour les autistes aux différents âges de leur vie.

Le budget d’assistance personnelle (BAP) relève aussi de la politique d’urgence à mettre en place.

Nous aurons plus de moyens, il faudra les utiliser à bon escient, faire les bons choix.

Vous avez parlé de la réforme dite « Art 107 » et pointé les projets thérapeutiques HERMES, visant :

-          la prévention du suicide

-          la coordination de soins au sein des plates-formes en soin de santé mentale concernant le traitement des personnes présentant un problème lié aux substances

-          la concertation autour du groupe cible des personnes ayant un handicap mental et souffrant de troubles comportementaux et/ou de troubles psychiatriques.

Outre ce qui a pu être dit déjà sur ces questions, je constate que la Plate-forme  visant à la concertation entre les institutions et les services psychiatriques appelée « Plate-forme de concertation pour la santé mentale »  en région de Bruxelles-Capitale a été mise en place voici quelques années  avec une série de missions,  dont celle de « collaborer à une collecte de données et à l’exploitation de celles-ci dans le cadre d’une étude nationale des besoins en matière des soins de santé mentale ».

Où sont les rapports sur cet aspect ? Quelle est la cadence de leurs réunions ? Quelles sont leurs recommandations ?

Mais comme je l’ai déjà plaidé maintes fois, il ne faut pas attendre des statistiques, des évaluations des besoins pour AGIR, le manque est à ce point important que l’on peut décider de budgéter une série de mesures en étant certains qu’elles répondront immédiatement à un besoin.

Maintenant que vous aurez plus de compétences et plus de moyens, êtes-vous prêt à vous occuper de ces bruxellois : les malades d’Alzheimer, autistes, grands handicapés ? J’ai déjà dit qu’ils étaient, sans doute avec leurs proches, parmi les plus malheureux d’entre nous. N’ajoutez pas à leur détresse mentale et psychologique, à leur absence d’espoir de voir leur maladie régresser, n’ajoutez pas à cela l’isolement dans la détresse, l’angoisse de ne pas trouver de lieu où ils seront accueillis dans le respect, la sécurité et l’humanité qu’ils sont en droit d’attendre.

Cessez de leur tourner le dos, tendez-leur la main.

L’accueil des aînés
 

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