Mes priorités belges et européennes
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CCU - Editos d'Art
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Edito d’art : Lire est le propre de l’homme. Rire aussi ! |
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C’est en tout cas ce que l’on dit !
Pour la lecture, peut-être est-ce exact. Et ce ne sont pas les multiples visiteurs de la Foire du Livre Belge au CCU, en cette fin novembre, qui le démentiront. Que de pages tournées en l’espace d’un week-end avec la cinquantaine d’auteurs interviewés d’une part, les milliers de livres exposés d’autre part, que les uns et les autres feuilletèrent avec curiosité, délice, volupté, qui sait ?
L’attrait du livre 100% belge, auteur et éditeur, fut démontré à suffisance pendant ces trois jours et le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Vous trouverez dans ce magazine le compte rendu de cette fête et si vous voulez en savoir davantage sur les livres présentés à la Foire, consultez l’adresse http://wolvendaelmagazine.tumblr.com.
Quant au rire, en aurions-nous le monopole comme d’aucuns le prétendent ? Qu’en savons-nous après tout ? Les singes ne nous donnent-ils jamais l’impression de se marrer ? Et que savons-nous de la signification de certains cris d’oiseaux ?
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Après un été fait d’émotions bigarrées, la rentrée. |
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L’été fut fait d’émotions bigarrées, petites ou grandes. La victoire d’étape de Jelle Vanendert notre maillot à pois, l’omniprésence du problème belge, la fête nationale sous la drache mais avec un public plus nombreux que jamais, le terrible attentat d’Oslo, des festivals réussis comme les Francofolies mais le drame du Pukkelpop…Parmi les multiples événements, des disparitions: le chanteur Paul Louka, le champion du monde de plongée en apnée Patrick Musimu, le bel écrivain Jorge Semprun, le neuropsychiatre David Servan-Schreiber, l’extraordinaire peintre du corps humain Lucian Freud, petit-fils de Sigmund, le réalisateur de Zorba le grec Kakoyannis, et d’autres. Mais tous laissent derrière eux un exemple, une œuvre, joyeuse ou profonde, qui leur survivra et fera des émules ou des heureux longtemps encore.
Quotidiennement, avec en toile de fond les guerres de régime dans d’autres parties du monde, les tristes vedettes de l’été furent les dettes étatiques et …le mauvais temps. Le temps maussade a-t-il envoyé le public vers les musées ? Nombreux sont ceux qui en visitent à l’étranger et les boudent dans leur propre pays. Pourquoi ? Par manque d’envie ou de communication ? Il est malheureux de constater que le BAM de Mons affichait à peine quelques centaines de visiteurs en juillet et le musée de la photographie de Charleroi, six visiteurs par jour. Même si d’autres lieux ont plus de succès, sans doute faudrait-il que la visite de musées fasse partie des programmes scolaires, pour en induire l’intérêt et le goût. Dans cet ordre d’idées, saluons donc la jolie opération « lire dans les parcs », dont l’objectif est de renvoyer les enfants vers les bibliothèques.
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Les belges brillent de mille feux. Cocorico ! |
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Juin 2011
Cannes a éteint ses dernières lumières jusqu’à l’an prochain, du moins pour ce qui concerne le cinéma. Mais en sortent auréolés de gloire, entourés des scintillements persistants des étoiles qui les poursuivront tout au long de l’année et plus encore, quelques uns de nos compatriotes. Cocorico. Les Frères Luc et Jean-Pierre Dardenne, bien sûr, a-t’on envie d’écrire tant cela devient habituel ! Cinq années de présence au célébrissime Festival, six fois primée. Deux fois « la » Palme d’Or avec « Rosetta » et « L’enfant », deux fois le Prix de la meilleure interprétation, féminine avec Emilie Dequenne (Rosetta), masculine avec Olivier Gourmet (Le fils). Le Prix du scénario avec « Le Silence de Lorna ». Et cette année, le Grand prix du jury, ou l’équivalent d’une médaille d’argent, a récompensé leur film « Le gamin au vélo ». Historique !
Mais ce n’est pas tout. Un autre belge, Wannes Destoop, s’est distingué avec le Prix du jury du court métrage pour « Badpakje 46 » (Maillot 46). Quant au film « Les Géants » de Bouli Lanners, il a reçu le Prix de la SACD et le Prix de la CICAE, à savoir Cinémas art et essai. « Dimanche », le court-métrage de Valery Rosier eut, quant à lui, le Prix découvertes Kodak ; quant au film « L’exercice de l’Etat » du français Pierre Schoeller, coproduit par les frères Dardenne et dans lequel joue Olivier Gourmet, il reçut le Prix de la Fipresci, prix de la Critique Internationale. A l’heure où va l’info, tout ceci n’est bien sûr plus une nouvelle, mais pourquoi ne pas le redire et répéter ce qui va bien dans notre bon pays, question de booster le moral des esprits chagrins. A tous et aux autres cités ci-dessous, bravo et merci.
Du prestigieux Concours International Reine Elisabeth, section chant cette année, notre compatriote Thomas Blondelle, un jeune ténor brugeois de 28 ans est sorti deuxième, ce qui est tout à fait remarquable. Un autre belge, francophone cette fois, le baryton Sébastien Parotte a également abouti en finale, ce qui est un exploit en soi. Nos vœux pour une brillante carrière les accompagnent.
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Avril 2011
Le 9 avril, dans le cadre de « Bruxelles Week-end bienvenue », le circuit ucclois conduira au Centre Culturel où un rendez-vous convivial sera organisé par le CCU et l’échevin de la Culture en début d’après-midi autour de la sculpture de l’artiste ucclois Nat Neujean représentant Tintin et Milou, réalisée pour le 75 ème anniversaire d’Hergé.
Outre cette œuvre que beaucoup nous envient, Nat Neujean a consacré une grande partie de son travail à la mémoire de la déportation et aux victimes de l’Holocauste, créant des figures bouleversantes. Il a aussi sculpté la femme et s’est spécialisé dans le portrait, réalisant de superbes bustes. Ses sculptures ont été exposées dans le monde entier.
Le 25, dans notre cycle omni-théâtre, « Deux petites dames » vous entraîneront « vers le Nord ». Elles veule se recueillir devant la tombe de leur père et lui annoncer que maman, à son tour, vient de les quitter. En réalité cette expédition sera l’occasion pour ces deux sœurs, qui ne se sont jamais mariées et ont vécu jusque là sur la coupe de leur mère, de se découvrir entre trajets et haltes au bistrot, au cimetière, au dancing ou ailleurs. Oscillant entre des sentiments de tristesse pour l’une et de libération pour l’autre, elles se recueillent ou s’engueulent et elles chantent comme lorsqu’elles étaient enfants. Un voyage initiatique en somme sous forme de road movie, drôle et émouvant, très « juste » aussi, qui reçut les faveurs de la critique. Un moment délicieux.
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Omnithéâtre. Le cru 2011-2012 s’annonce excellent ! |
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Mai 2011
Les joies du théâtre sont infinies. Si, comme l’an dernier, nous avons choisi de vous offrir du rire et des comédies, nous n’avons pas voulu vous laisser passer à côté d’un chef d’œuvre de la littérature, « La Peste » d’Albert Camus, d’autant qu’il sera servi par un grand du théâtre comme du cinéma: Francis Huster. Ce comédien est un artiste vrai et profond. Lorsqu’il choisit un auteur, il lui consacre tout son art, toute son âme. De ce texte grave, Huster donne une interprétation juste, mystérieuse et envoûtante, autant que lumineuse et vive. La plus belle façon d’aborder ce classique d’Albert Camus, qui lui valut le prix Nobel de littérature !
Qu’elle suscite réflexion, émotion ou amusement, la langue française se prête aux jeux de l’esprit les plus divers, quand ce n’est pas elle qui les provoque. Les rapprochements inattendus de mots déclenchent surprise et hilarité. Si Raymond Devos était un maître du genre, Bruno Coppens fait preuve, lui aussi, d’une excellente maîtrise de la langue et d’une belle imagination. Alors que l’on rit sans arrière-pensée aux « Singeries vocales » de Coppens, il n’en va pas de même avec Dieudonné Kabongo. Avec son humour caustique ou faussement naïf, toujours sur le fil du rasoir, cet acrobate de la dérision réussit à déstabiliser son public et à poser en lui un questionnement « Est-ce des noirs ou des blancs qu’il se moque ? de lui-même ou de moi ? ». L’on rit, assurément, jaune parfois, mais intelligemment toujours. « Bas les masques », c’est un voyage au Congo, un retour sur une histoire commune et sur 50 ans d’indépendance, un large tour des relations Afrique-Europe. Drôle, touchant, intéressant, savoureux.
Avec son humour décalé, alimenté par celui de ses amis Topor, Wolinski et autres, Jean-Michel Ribes nous entraîne dans un Palace bien particulier, où l’on s’adresse au bureau de change pour y changer d’opinion sur son beau-frère et où l’on trouve la « poule Palace » qui pond l’œuf avec la mayonnaise qui l’accompagne… Détenteur de plusieurs prix, dont le Prix Plaisir du Théâtre, il est aussi l’auteur de « Théâtre sans animaux » qui fut joué sur nos planches et qui lui valut deux Molières. Il pose cette fois son regard amusé et curieux des facéties du genre humain, celles des clients d’un « Palace », dont les multiples aventures ont ravi des millions de spectateurs de la série télévisée du même nom. La pièce en est un condensé-sucré et aura pour acteurs la joyeuse équipe des Daniel Hanssens, Pascal Racan, Laure Godisiabois,…qui réjouissent régulièrement le public du CCU en fin d’année.
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